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| Fernand Léger (1881-1955), La Femme au cactus, huile sur toile, 38 x 46 cm. Estimation : 350 000/450 000 €. |
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| À la une |
| Voilà un peu plus d’un mois à Biot, le musée national Fernand-Léger rouvrait ses portes, après quatre longues années de rénovation. L’institution dédiée au "primitif des temps modernes", voulue par Nadia Léger, sa femme, fut édifiée à la fin des années 50 sur les terres du mas Saint-André, acheté par le peintre peu de temps avant sa mort pour y installer un jardin de sculptures. Légué à l’État en 1967, le musée fut enrichi d’une collection de 348 oeuvres provenant de la veuve de l’artiste. Le bâtiment lumineusement relooké par l’architecte Marc Barani offre donc le plus beau des parcours dans le monde coloré de l’inclassable Léger. À (re)découvrir sur le chemin des vacances, le parc arboré demeure des plus agréables... Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, cet été les amateurs pourront aussi décrocher l’une de ses toiles. Inscrite au catalogue raisonné de l’artiste, elle provient d’une collection américaine. Cocorico ! Elle se vendra en France, sur les planches de Deauville, et non sur l’une des places étrangères coutumières de ses productions. Notre toile de 1949 - année aussi des Loisirs sur fond rouge - date de la fameuse période (de 1940 à 1954) du retour au sujet, soit l’acmé d’une oeuvre en constante évolution. Toujours en quête d’une peinture mi-abstraite, mi-figurative, jouant sur les contrastes absolus, Fernand Léger entame la dernière étape de cette ascension. Après sa phase cézannienne, entre cubisme et futurisme, après le choc de la Grande Guerre et la révélation d’une culasse de canon 75 luisant dans la nuit des tranchées, Fernand Léger peut se réapproprier la figure, d’abord dans une phase "tubulaire". Mais l’artiste l’annonce sans détour : "Je fais de la peinture, pas de la littérature descriptive" Et d’aller plus loin encore, "le sujet ou l’objet n’est rien, c’est l’effet qui compte".Fernand Léger soigne donc la plastique de ses oeuvres, ses qualités formelles, pour obtenir le "bel objet". Il pioche alors ses sujets prétextes dans les thèmes qui lui sont chers, le cirque, la ville. En 1940, l’artiste retrouve New York et les États-Unis pour un exil de cinq ans. Si le premier séjour de 1931 l’avait laissé interdit devant "le plus colossal spectacle du monde" , ce dernier voyage sera déterminant. C’est à ce moment que Léger délivrera la couleur des contours de l’objet, c’est là encore que l’artiste optera pour un nouvel espace où les figures flottent en apesanteur, dans des compositions traversées de surfaces colorées, souvenirs des lumières de Broadway. |
Deauville. Samedi 23 août.
Artcurial Deauville SVV. |
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Paul Delvaux (1897-1994), Les Vestales, 1972, huile sur toile, signée et datée, 140 x 190 cm. Estimation :
1 000 000/1 200 000 €. |
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| Du kitsch au surréalisme |
| Si le goût du XIXe marquera la première vente, c’est la peinture du XXe qui conclura ces trois jours ; entre les deux, le dimanche à 20 h 30, place sera faite aux bijoux. "L’émeraude ne perd pas de sa valeur faute de louanges", disait l’empereur Marc-Aurèle. Tant mieux, car une superbe paire de pendants d’oreilles Repossi composés de deux émeraudes taille coussin, de 61,48 ct et 54,45 ct, mérite bien des superlatifs et affiche une estimation de 700 000/900 000 €. Mais reprenons dès le début, avec le mobilier. Une tendance s’inscrit de plus en plus sur le marché : un abandon du XVIIIe en faveur des modèles XIXe. Plus exubérants et riches, ces meubles attirent de nouveaux collectionneurs désireux d’acheter des objets originaux, propices à toutes les folies. Un cabinet de Robert Hume, estimé 2/2,5 M€ rassemble toutes ces qualités et bien plus encore... Outre des matériaux luxueux, sa provenance et le nom de son créateur évoquent les plus riches collections et les plus beaux salons anglais ! Son premier propriétaire s’appelle en effet Georges Watson Taylor (1771-1841). Héritier d’une grande fortune, il occupait de hautes fonctions politiques. Parmi ses riches demeures figurait Erlstoke Manor, dans le Wiltshire, qu’il meubla au mieux pour accueillir ses illustres invités. Destiné à la grande salle de dessin du nord, notre cabinet, qui contient par ailleurs un service à thé et à café de sept pièces en porcelaine, devait s’insérer à un décor composé de meubles inspirés des arts français et d’originaux. Comptez tout de même au moins deux millions d'euros. Aux côtés de ce meuble, des créations de toute l’Europe seront présentes, notamment une table d’apparat russe en argent et malachite, travail de la maison Gratchev à Saint-Pétersbourg (500 000/600 000 €). Pour la peinture, bienvenue dans le monde imaginaire de Paul Delvaux (voir photo). Ce sont les prêtresses romaines, Les Vestales, qui nous y accueillent. Détentrices de la tradition romaine, elles doivent conserver le feu sacré allumé. Mais la lampe posée à terre semble éteinte et le temple à l’arrière-plan vide... Finalement proche du réalisme magique, le peintre belge propose une oevre où la manière académique et une atmosphère fantastique influencée par le surréalisme d’un De Chirico ou d’un Magritte se mêlent pour créer un univers étrange qui tend à l’intemporalité et invite à la réflexion. Rêverie et surréalisme encore, avec Francis Picabia et Lotruli, l’une de ses fameuses "Transparences", réalisée vers 1930 et évaluée à 300 000/400 000 €. |
| Cannes, samedi 2, dimanche 3 et lundi 4 août. Marc-Arthur Kohn SVV. Mme Larochas, MM. Kalfon, Latreille, Roudillon, Slitine. |
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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Vallée de la Cagnes, Le Bâou de Saint-Jeannet, 1905, huile sur toile signée du cachet en bas à droite, 21 x 31 cm.
Estimation :
100 000/120 000 €. |
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| Panorama méditerranéen |
| Lors de ces trois jours de ventes prestigieuses, ce paysage des environs de Cagnes jouera les vedettes sur la Croisette, lors d’une vente de tableaux modernes et contemporains. Pierre-Auguste Renoir s’installe définitivement, en 1905, sur la Côte d’Azur, non loin de Nice, dans une propriété de Cagnes-sur-Mer. Le peintre y vivra jusqu’à sa mort dans une villa qu’il se fit construire en 1907, sur la colline des Collettes, en plein coeur de la nature provençale, au milieu de ces paysages qui lui inspirèrent les dernières oeuvres de sa carrière presque entièrement dédiée à ce genre. Si ce déménagement dans le Sud a été motivé par des questions de santé, Renoir étant alors de plus en plus affecté par des rhumatismes, il donna également lieu au renouveau du thème. Ce dernier s’accompagna d’un changement stylistique dans sa peinture, s’engageant dans un classicisme méditerranéen où des odalisques n’hésitent pas à prendre place dans des cadres bucoliques. Dans ces oeuvres de petit format, parfois réalisées sur une même toile par la suite découpée, le peintre mêle habilement la touche impressionniste, la composition classique et la couleur rouge, qui respire la chaleur du Sud et s'oppose au vert des arbres. Il va jusqu’à mélanger les pigments directement sur la toile, dans une sorte de "corps à corps" avec la nature pour tenter de la décrire, ou plutôt de suggérer son apparence. Lutte victorieuse pour Renoir avec le Bâou de Saint-Jeannet, imposante falaise bien connue aujourd’hui des adeptes de l’escalade. |
Cannes, vendredi 15 août.
Besch Cannes Auction SVV. |
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Maurice Utrillo (1883-1955), Rue Saint-Vincent à Montmartre et la maison au toit de chaume, huile sur carton, 76 x 52 cm.
Estimation :
140 000/150 000 €. |
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| Ode à la rue |
| Louée par Aristide Bruant, chantée dans French Cancan de Jean Renoir, la rue Saint-Vincent est l’un des lieux de légende de Montmartre. Parmi les plus célèbres chantres de la butte, Maurice Utrillo ne fait pas exception en peignant avec bonheur cette artère typique. Le peintre l’a bien souvent empruntée, depuis sa naissance, rue du Poteau, un jour de Noël. Partageant ses nuits et ses jours entre les cabarets de la Belle-Gabrielle ou du Lapin Agile, c'est un habitué du quartier, qu’il ne quitte que contraint et forcé. Utrillo s’engagea lui-même dans bien des chemins tortueux durant son existence. Il se lance dans la peinture grâce sa mère, Suzanne Valadon, suite à une cure de désintoxication à l’hôpital Sainte-Anne. Pour autant, la réussite artistique ne l’éloigna pas des bistrots et des crises de delirium, qui le conduisèrent même à attenter à sa vie. Notre tableau, pourrait daté de l’année 1919. À cette époque, le peintre connaît véritablement le succès avec une exposition à la galerie Lepoutre, puis aux galeries Weill et Berheim-Jeune, qui couronnent son style devenu plus coloré et structuré. Toujours soutenu par les marchands, comme Clovis Sagot, Octave Mirbeau puis Pétridès, Maurice Utrillo voit sa réputation prendre une ampleur internationale. Sa peinture très instinctive trouve un public séduit par ce talent pur, au chemin tracé sans détours. |
Deauville, samedi 16 août.
Massol SVV. |
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| Émile Antoine Bourdelle (1861-1929), Tête de cheval, bronze patiné, signature et cachet de fondeur, h. 120 cm environ. Estimation : 90 000/120 000 €. |
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| Cheval gagnant |
| N’oubliant pas sa fonction première de société de vente de chevaux, Artcurial-Arqana marie au mieux ses ambitions. À la suite de la grande vente de yearling entendez de jeunes purs-sangs anglais dans leur première année du 15 au 18 août auront lieu plusieurs jours de ventes d’objet d’art, dont l’un dédié au thème du cheval. Le favori du jour ? Une tête de cheval en bronze d’Émile Antoine Bourdelle. Outre sa qualité exceptionnelle et sa force expressive, elle affiche un beau pedigree. Elle a été réalisée d’après la statue équestre du général Alvear. Ce monument est l’un des chefs-d’oeuvre du sculpteur. Après sa première exposition personnelle en 1905, la réputation de ce dernier ne cesse de s’accroître, dépassant même les frontières de l’Hexagone, avec une exposition à Prague en 1909 et à la biennale de Venise en 1914, mais aussi avec la commande par l’État argentin du monument du général Alvear - dont la réalisation l’occupa de 1913 à 1923. Son inauguration à Buenos Aires eut lieu en 1925. Un exemplaire est également conservé dans le jardin de la maison de campagne d’Antoine Bourdelle à Egreville, en Seine-et-Marne, devenu le musée de l’artiste. De taille monumentale, cette statue s’accompagne de quatre figures allégoriques de la victoire, la force, l’éloquence et la liberté. Mélange de tradition antique et de puissance architecturale, l’oeuvre de Bourdelle constitue l’aboutissement d’un cheminement personnel où il aguerrit sans relâche sa connaissance de l’anatomie de ses modèles, humains ou équidés. Un talent mis au service de la plus noble conquête de l’homme. |
Deauville, vendredi 22 août.
Artcurial Deauville SVV. |
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Guéridon, d’une paire de style Louis XVI, porcelaine de Sèvres, bois noirci et bronze doré, signé "Rault", XIXe siècle, h. 80, diam. 79 cm . Estimation :
300 000/350 000 €. |
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| En mémoire de Louis XVI |
| Le retour au pouvoir des Bourbons avec la montée sur le trône de Louis XVIII s’accompagna d’une période de réhabilitation de la royauté. Le frère du roi, Louis XVI, et son épouse, Marie-Antoinette, virent même leur honneur rétabli par certains, du moins le temps de la Restauration de 1815 à 1848. Leur sort funeste suite au verdict de haute trahison apparaît alors injuste aux yeux de quelques royalistes. La preuve avec cette paire de guéridons aux plateaux ornée, pour l’un, du portrait de Louis XVI en costume de sacre doté de ses attributs royaux, couronne et sceptre, et, pour l’autre, de celui de Louis XIV dans une attitude similaire. Outre l’image du roi, c’est également le style qui avait cours sous Louis XVI qui est ici remis au goût du jour. Ainsi, ces deux guéridons reposent sur un pied en bois noirci polylobé, orné de riches bronzes ciselés et dorés à double patine et arborent un décor de porcelaine de Sèvres avec, au centre, les effigies royales entourés de dix-huit médaillons décrivant des portraits. Le nom de leur créateur ? Signé «Rault», ces meubles pourraient être l’œuvre de Charles Rault (1812-1848), établi rue de Charenton, à Paris, entre 1842 et 1846. Cet ébéniste serait le fils de Jean-Louis Rau, établi au début du siècle au 83, rue de Charenton dans la maison de son père, Jean-Samuel, qui exerçait déjà le métier d’ébéniste. Les dynasties ont décidément la vie dure ! |
Cannes, mardi 5 août.
Giafferi SVV. M. Burgi. |
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