La Gazette Drouot
Enchères - La Collection Paul-Louis Weiller
Paul-Louis Weiller, l’oeil absolu
Les 23,7 M€ récoltés par une partie de l’ancienne collection de celui que même ses proches appelaient «le commandant» témoignent de la justesse de ses choix tous azimuts.

Greta Garbo l’appelait «Paul-Louis XIV». Pionnier de l’aviation, héros de la Grande Guerre, bibliophile averti, collectionneur émérite, industriel, financier, mécène, Paul-Louis Weiller avait les moyens de ses ambitions comme de ses envies (voir l’Événement, page 27 de la Gazette n° 12). Une fraction des anciennes collections de l’homme aux quelque quatre-vingt-dix résidences créait l’événement en totalisant 23 773 469 € frais compris. Accompagné de quelques autres provenances, cet ensemble nécessitait quatre jours de vente, qui se soldaient par un produit total de 29 062 532 € frais compris (voir encadré page 33 pour les lots hors collection Paul-Louis Weiller). L’estimation initiale, comprise entre 8 et 10 M€, était tout bonnement triplée. 93 % des lots trouvaient preneur. En tout, pas moins de 7 enchères millionnaires frais compris étaient enregistrées et 34 franchissaient la barre des 150 000 €.

810 000 € une coupe en jade
Le premier jour de vente récoltait déjà 12 679 500 € frais compris pour la seule collection Weiller. Étaient présentés des tableaux, meubles et objets d’art. La Chine occupait une place de premier plan, marquée tout d’abord par les 1,6 M€ du vase impérial en jade vert daté de 1785, reproduit page 25. Cet objet incarne au mieux notre collectionneur, alliant à la provenance d’un objet d’art exceptionnel la littérature. Ce vase dont l’appellation «longwei gong» signifie «rhyton en forme de dragon» porte en effet deux sceaux de Qianlong, ainsi qu’à l’intérieur, gravé, un poème composé par l’empereur lui-même. Il figure d’ailleurs dans le Recueil des poèmes composés par l’empereur Qianlong sur les objets réalisés par les manufactures impériales du Palais. À 810 000 €, l’estimation était triplée pour une coupe d’époque Qianlong toujours en jade néphrite vert clair (18,2 x 232 cm). Elle est munie de deux anses en forme de lingzhi ajouré retenant des anneaux mobiles, les bords de son bec verseur servant d’appui à une anse simulant un grand pendentif constitué d’une pierre sonore attachée à un motif formé du caractère «fu» en cursive et retenant, par deux cordelettes, une plaque présentant deux caractères «xi» accolés. Le règne du fils de Qianlong, Jiaqing (1796-1820), était marqué par les 300 000 €, estimation triplée toujours, d’une coupe carrée en jade néphrite blanc légèrement céladonné (19,3 x 19,3 cm). Les angles fortement lobés sont ornés de papillons ajourés retenant les anneaux mobiles. Le pourtour est gravé de huit dragons séparés par des caractères de longévité «shou». Estimée 5 000 €, une plaque du XIXe siècle en jade néphrite blanc légèrement céladonné avec inclusion de rouille (diam. 15,5 cm) fusait à 150 000 €. Elle montre le Bodhidharma cerclé d’une frise de caractères, le revers portant une inscription bouddhique à 56 caractères. 150 000 € se répétaient sur une coupe d’époque Jiaqing en jade blanc légèrement céladonné (diam. 15,5 cm), gravé de huit frises de motifs géométriques différentes, et dotée de deux anses en forme de masque de taotie. L’ensemble de 50 plats ronds d’époque Kangxi à décor polychrome de la famille verte ayant fait l’objet d’un encadré page 32 de la Gazette n° 3 ne trouvait pas preneur.

 

2 M€ frais compris.
Époque Qianlong, daté de 1785, vase long wei gong, rhyton sculpté à partir d’un galet de jade vert fortement marqué de brun rouille, avec deux sceaux de l’empereur Qianlong et un de ses poèmes, h. 22,5 cm.

 

Albert Cuyp : 780 000 €
Revenons à la vieille Europe pour nous intéresser à la peinture. Présentés avant la vente comme une toile vers 1720 de l’entourage de Watteau, les Cinq personnages de la comédie italienne reproduits page 26 étaient finalement donnés à Antoine Watteau lui-même, aidé d’un proche suiveur. L’estimation de 40 000 à 60 000 € était donc tout simplement oubliée pour laisser place à une adjudication d’1 M€. Rappelons que cette toile a connu une histoire des plus mouvementée. Elle figurait le 21 novembre 1774 à la vente de la collection du comte du Barry, donnée à Watteau. Y assistait le célèbre chroniqueur Gabriel de Saint-Aubin qui, comme à son habitude, dessinait dans les marges les tableaux et annotait. Sous le numéro de passage de notre toile, le 84, il a inscrit : «faux». La polémique commence ! Le tableau resurgit en vente comme une œuvre de Pater en 1878, puis en 1890. Le spécialiste de Saint-Aubin, Émile Dacier, mentionne qu’à l’exposition de l’Académie royale des beaux-arts de Berlin en 1910, où il figurait comme étant de Watteau, «plusieurs bons juges qui ont examiné le tableau inclineraient à y voir une œuvre inachevée de Watteau que Pater aurait reprise et terminée après la mort de son maître». En juin 1976, il apparaît fugacement dans une vente, est attribué à Pater, pour être donné cinq mois plus tard à Philippe Mercier dans une vente au palais Galliera où Paul-Louis Weiller l’achète 112 000 F (65 200 € frais compris en valeur réactualisée). Soumis à la radiographie, il a dévoilé la figure de Pierrot dans une autre position, visage baissé comme un acteur saluant, et seul. Celui-ci correspond à un dessin de Watteau conservé au musée Teylers, à Haarlem. Parmi les personnages qui entourent le sujet principal, on reconnaît des amis du peintre, comme sur le visage de Pierrot celui du marchand Pierre Sirois, le beau-père du fameux Gersaint de l’enseigne conservée au Louvre. Le cas de la toile d’Albert Cuyp (1620-1691), adjugée dans l’estimation 780 000 €, était beaucoup plus simple. Elle représente La Traite au bord de la rivière (93 x 119 cm) et possède un long pedigree où l’on croise par exemple la collection du duc de Shrewsbury, la collection Sedelmeyer ou encore celle de Nathan Katz. Cette dernière était dispersée à Paris le 7 décembre 1950, où Paul-Louis Weiller achetait notre toile 2,1 MF (54 620 € en valeur réactualisée). Dans notre vente, elle décroche un record français pour l’artiste. Nouvelle estimation largement dépassée à 490 000 € pour un panneau de chêne de Corneille de Lyon – Corneille de La Haye (1500/1510-1575) de son vrai nom – montrant un Portrait d’homme au béret noir (17,5 x 13,2 cm). Il figurait dans la troisième vente de la collection Adolphe Schloss en décembre 1954 à la galerie Charpentier, où il recueillait 3,4 MF (68 850 € en valeur réactualisée). Son cadre à caissons en bois sculpté doré et peint est un travail français vers 1550. Paul-Louis Weiller achetait au marquis de Granay en 1956 un panneau transposé sur toile de Cornelis de Vos (vers 1584-1651), Portrait de femme entouré de ses trois enfants (140 x 120 cm). Il suscitait 230 000 €, une estimation dépassée. Il a auparavant appartenu à Charles Sedelmeyer et à la baronne de Hirsch. En 1904, dans la vente de cette dernière, décrite comme une «œuvre capitale et de la plus haute qualité du maître», il provoquait 56 000 F (202 100 € en valeur réactualisée). Une toile de 1730 de Jean-Marc Nattier, Portrait présumé de Mademoiselle Chamisot (79 x 62,5 cm) doublait à 142 000 € son estimation. Elle a appartenu à la collection du marquis de Saint-Amand et à celle de madame Dubernet-Douine. Dans la vente de cette dernière organisée en avril 1946 à la galerie Charpentier, elle se négociait 1,01 MF (77 430 € en valeur réactualisée) et 2,4 MF (44 840 € en valeur réactualisée) en juin 1957, toujours au même endroit.

650 000 € frais compris.
Jean-Henri Riesener (1734-1806), époque Transition, livrée à Versailles le 23 juin 1775 pour le comte de Noailles, commode à ressaut en placage d’amarante et d’acajou blond marqueté en feuilles, ornementation de bronzes ciselés et dorés, dessus de marbre brèche grise, 92 x 152 x 62 cm.

Le comte Orloff : 280 000 €
Intéressons-nous maintenant au cas russe. Si la commode vers 1762-1765 au chiffre de Catherine II reproduite page 30 de la Gazette n° 10 ne trouvait pas preneur, un Portrait du comte Grigori Grigorievitch Orloff (1734-1783) (97 x 75,5 cm), son favori le plus célèbre, quintuplait à 280 000 €. La toile est attribuée à Fiodor Rotokov (1735-1808) après avoir été longtemps attribuée à Louis Tocqué. Elle a appartenu à l’ancienne collection Orlov Densov, puis à celle du général Dimitri Osnobichine et à trois autres avant d’être acquise en 1986 par Paul-Louis Weiller. Empiétons sur la séance de jeudi dédiée à l’orfèvrerie pour signaler ici les 125 000 € de la paire de cloches couvre-plats en argent (1,7 et 1,8 kg - Paris 1771) de Jacques-Nicolas Roettiers, provenant de l’important service commandé en 1770 par Catherine II pour son amant, appelé par conséquent «service Orloff». Il contenait plus de 3 000 pièces et avait coûté la somme fabuleuse d’1,2 million de livres. À la mort du comte, il a intégré les collections impériales russes. Quelques pièces ont été vendues par les Soviétiques dans l’entre-deux guerres. Quatre compotiers (l. 29 cm) vers 1777-1778 en porcelaine de la manufacture de Gardner à Moscou, du service de l’ordre de Saint-Georges, étaient présentés. Ils étaient vendus par paires, la première en forme de feuille de choux atteignant 125 000 €, battue à 145 000 € par la seconde en forme de feuille de vigne. Ils sont à décor polychrome au naturel centré de l’insigne de l’ordre entouré du ruban autour duquel s’enroule une guirlande de feuillages. Paul-Louis Weiller affichait un goût prononcé pour le mobilier français du XVIIIe siècle. En témoigne en tout premier lieu le meuble le plus chèrement disputé de ces quatre jours de vente, la commode d’époque Transition estampillée Jean-Henri Riesener reproduite ci-dessous. Adjugée 520 000 €, une estimation dépassée, elle affiche un pedigree choisi, ayant été commandée le 30 mars 1775 et livrée à Versailles le 30 juin de la même année pour le comte Philippe de Noailles, duc de Mouchy et prince de Poix. Son chiffre N.P. en bronze doré entoure l’entrée de serrure du tiroir supérieur. Elle avait été payée 1 860 livres, sans son marbre, facturé 120 livres. Le 26 mai 1972 à Galliera, elle affrontait les enchères, récoltant 227 000 F (201 100 € en valeur réactualisée). À sa suite, une très raffinée table de salon réalisée vers 1770-1780 faisait plus que doubler à 220 000 € son estimation. Elle est en bois de placage marqueté en feuilles et s’orne de cinq panneaux, dont un sur le plateau (60 x 45 cm), en tôle peinte à l’imitation de la porcelaine. Le plateau figure une scène villageoise dans le goût de Teniers, en réserve dans des alentours à guirlandes fleuries, les ceintures à décor de guirlandes. L’ornementation de bronze est très soignée, les pieds étant fuselés à cannelures marquetées simulées. Cette fragile petite table battait un opulent secrétaire d’époque Louis XVI estampillé Léonard Boudin, vendu 190 000 €, une estimation dépassée toujours. À pans coupés marquetés d’une frise de grecques, il est en bois de placage marqueté sur l’abattant d’instruments de musique et de draperies, les portes et les côtés à bouquets de fleurs. La riche ornementation de bonze doré comporte notamment des pieds griffe, le marbre blanc portant la marque d’un marchand de la fin du XIXe siècle, Hoppliart. Il aurait été offert par Louis XVI à madame Romain-Marie Hamelin, belle-mère de la célèbre Fortuné Hamelin. Il a ensuite été la propriété du maréchal Davout et de sa descendance. 210 000 € récompensaient un bureau cylindre à caissons d’époque Louis XVI attribué à David Roentgen, en placage de sycomore marqueté de branchages de laurier, la riche ornementation de bronze doré comprenant notamment, pour sa part, des branches d’olivier. Le cylindre est orné d’attributs de la musique, des arts et de la guerre. Un bureau masculin s’il en est !

Attribué à Dubois : 330 000 €
Weiller goûtait également les formes plus souples du temps de Louis XV. Attribuée à Jacques Dubois, une commode galbée en bois laqué or sur fond noir faisait plus que doubler, à 330 000 €, son estimation. Ouvrant par deux tiroirs sans traverse, elle est coiffée d’un marbre brèche d’Alep (l. 130 cm). Sa fine ornementation de bronze doré souligne ses arêtes et encadre les scènes dans le goût chinois de personnages, pagodes et animaux. Le 28 mars 1979 au Palais d’Orsay, elle était vendue 300 000 F (132 190 € en valeur réactualisée). La journée de jeudi était monopolisée par les bijoux et l’orfèvrerie. L’enchère la plus brillante, 290 000 €, étincelait sur la terrine viennoise de 1779-1781 reproduite page de droite, œuvre d’Ignaz Joseph Würth. Elle provient du second service du duc de Saxe-Teschen commandé par le duc Albert Casimir de Saxe-Teschen, fondateur de la collection Albertina à Vienne, et de sa femme, l’archiduchesse Marie-Christine d’Autriche, sœur de Marie-Antoinette. Un détail de cette soupière ornait la couverture de La Gazette n° 11. Une paire de rafraîchissoirs en argent doré (7,1 kg, Londres, 1714) de Lewis Mettayer captait 220 000 €. À piédouche et deux anses, ils sont gravés des armes d’un membre de la famille Methuen et soulignés de frises d’entrelacs de fleurettes, passementerie, postes et feuilles d’eau. Ils ont appartenu à Paul Methuen (1672-2757), ambassadeur au Portugal, plus tard ministre à Turin et lord de l’Amirauté. La dernière enchère à six chiffres de cette section, outre les cloches du service Orloff citées plus haut, revenait à un collier rivière en or et argent alignant 41 diamants de taille ancienne en chute (entre 1,2 et 12 ct), le fermoir en or et argent portant le poinçon de la maison Chaumet étant orné d’un rubis cabochon encadré de deux diamants troïda.

 

362 500 € frais compris.
Ignaz Joseph Würth (1742-1792), Vienne 1779-1781, terrine couverte avec sa doublure et son présentoir en argent fondu provenant du second service du duc de Saxe-Teschen. Poids : 7,74 kg, 31,6 x 49 x 26,5 cm.
Les chroniques de Froissart : 450 000 €
La réputation de bibliophile de Paul-Louis Weiller n’est plus à faire. Le 30 novembre 1998 à Drouot, une partie de sa bibliothèque totalisait 21 232 600 F (3 862 000 € en valeur réactualisée). La vedette revenait à 4 MF (727 560 € en valeur réactualisée) à un manuscrit du XVe siècle sur vélin, des heures de Jacques et Jeanne Cauchon à l’usage de Reims (voir encadré page 22 de la Gazette de 1998, n° 45). Cette fois-ci, les livres et manuscrits emportaient 8 332 487 € frais compris. Deux enchères millionnaires résonnaient. La première, 2 M€, revenait au livre d’heures à l’usage de Paris de la reine Claude, la fille de Louis XII et d’Anne d’Autriche, épouse de François Ier (une miniature reproduite page 23). Il a été exécuté dans les ateliers du maître de la reine Claude entre 1515 et 1517, une des caractéristiques de cet atelier étant la très petite taille de sa production. Il comporte 121 feuillets rédigés sur vélin, illustré de 15 miniatures à pleine page, 12 autres accompagnant le calendrier. La décoration générale des feuillets de texte symbolise la royauté du couple de souverains. La seconde enchère millionnaire, et dernière de la vente, 1,8 M€, revenait à un manuscrit d’origine tourangelle composé entre 1500 et 1510, un livre d’heures à l’usage de Rome, dites «heures de Petau». Ce manuscrit enluminé est composé de 44 feuillets de vélin calligraphiés sur deux colonnes, le texte étant accompagné de 16 miniatures en forme de médaillon (voir page 22). L’exécution de l’intégralité des peintures est due à un artiste de tout premier ordre. Longtemps identifié comme Jean Bourdichon, on se tourne plutôt désormais vers le Tourangeau Jean Poyet, qui travailla entre 1490 et 1520. Ses œuvres sont marquées par la représentation de l’espace et l’usage de la perspective. Ce manuscrit tient son nom de la famille Petau, qui en fut propriétaire. Une grande partie de cette bibliothèque a été dispersée au début du XVIIIe siècle. La reliure porte les armes de James de Rothschild, à qui le manuscrit a appartenu. Le commandant Weiller l’a acquis en 1974 auprès du grand libraire new-yorkais Kraus. La troisième marche du podium était occupée à 450 000 € par le manuscrit parisien sur vélin de 466 feuillets rédigés en français vers 1415-1420 des chroniques de Jean Froissart (1337-1404). Le manuscrit est enluminé, cinq peintures à rapprocher, comme l’ensemble de la décoration, de l’atelier du maître de Giac, l’illustrant. La première, la plus importante, montre d’un côté Froissart remettant son livre à Edouard III et, de l’autre, la visite d’Isabelle de France. Chroniqueur médiéval, Froissart est l’une des sources les plus importantes pour la première moitié de la guerre de Cent Ans. Le livre de paix de Christine de Pisan doublait quant à lui à 210 000 € son estimation. Réalisé en Flandres vers 1470, certainement par l’atelier de Jean Hennecart, il est composé de 86 feuillets et illustré par une grande miniature reproduite page 32 de la Gazette n° 12. Elle montre Christine de Pisan offrant son livre à Louis de Guyenne. Le reste de la décoration consiste en de très nombreuses lettrines peintes. Christine de Pisan est considérée comme la première femme de lettres française ayant vécu de sa plume, son érudition la distinguant des écrivains de son temps.
Changement de ton à 282 000 € avec une estimation pulvérisée pour une lettre de Napoléon à Joséphine, adressée du quartier général de Milan le 29 floréal de l’an IV (1796). Cette pleine page à l’en-tête imprimée de Bonaparte est une lettre d’amour du général en chef de l’armée d’Italie à son épouse. Il s’y déclare heureux de sa future paternité, mais regrette le trop grand éloignement. Ils sont mariés depuis seulement trois mois. Paul-Louis Weiller l’avait acquise pour 78 200 F (29 120 € en valeur réactualisée) le 7 mai 1940 à Drouot.
Mardi 5 au vendredi 8 avril. Salle 5-6 (mardi), salle 1-7 (mercredi), salle 2 (jeudi), salle 4 (vendredi).
Drouot-Richelieu. Gros & Delettrez SVV. MM. Achdjian, Froissart, Lescop de Moÿ, Raindre, cabinets Turquin, Vallériaux.
La Gazette Drouot N°15 - 15 avril 2011 - Sylvain Alliod
2 349 000 € frais compris.
Tours, entre 1500 et 1510, livre d’heures à l’usage de Rome dites «heures de Petau» (détail). Manuscrit orné de 16 miniatures en forme de médaillons de 6,5 cm de diamètre attribuées à Jean Poyet (actif entre 1490 et 1520).
Reliure de Duru de 1856 en maroquin tabac aux armes de la famille Rothschild.
2 610 000 € frais compris.
Atelier du Maître de Claude de France, entre 1515 et 1517, livre d’heures de Claude de France (1499-1525) à l’usage de Paris. Manuscrit sur vélin de 121 feuillets (8,4 x 5,5 cm) illustrés de 15 miniatures à pleine page et de 12 miniatures accompagnant le calendrier.
Reliure anglaise de maroquin bleu foncé.
1 305 000 € frais compris.
Antoine Watteau (1684-1721) et un proche suiveur, Cinq Personnages de la comédie italienne, toile, 128 x 92 cm.
Une collection
des chiffres

Catalogue :
4 volumes plus un guide d’exposition, 613 pages, 693 des 725 lots décrits concernent la collection Weiller

Exposition : 6 jours à Drouot

Produit : 23 773 469 €
Actes I et II, tableaux, mobilier, objets d’art : 13 498 795 €
Acte III : bijoux, orfèvrerie :
1 937 187 €
Acte IV : livres et manuscrits : 8 337 487 €

5 enchères millionnaires :
2 610 000 € : livre d’heures
de la reine Claude
2 349 000 € : livre d’heures «de Petau» à l’usage de Rome
2 000 000 € : vase chinois impérial en jade d’époque Qianlong
1 305 000 € : toile d’Antoine Watteau et un proche suiveur
1 012 500 € : coupe chinoise en jade d’époque Qianlong

Un record français :
975 000 € : toile d’Albert Cuyp

Le lot le moins cher :
137,5 € : timbale en argent, 1809-1819, par Colombier

Souvenirs de Chine :
4 101 750 € en 24 lots

Un air russe :
1 028 750 € en 13 lots, dont 431 250 € (4 lots) pour des pièces du service de l’ordre de Saint-Georges (1778)

Des histoires d’amour :
352 500 € : lettre de Bonaparte
à Joséphine
350 000 € : collier de diamants
272 500 € : portrait du comte Orloff, favori de la Grande Catherine

Corneille de Lyon
 :
612 500 € : Portrait d’homme au béret noir
27 500 € : portrait dans son goût
21 250 € : portrait lui étant attribué

Enchères brillantes :
Argent : 789 212 € en 84 lots Vermeil : 484 500 € en 25 lots

Des livres d’heures et manuscrits enluminés :
5 767 500 € en 5 lots

Des trois anciennes demeures de Paul-Louis Weiller, d’où provenait l’ensemble dispersé, celle qui faisait le plus rêver : l’hôtel des ambassadeurs de Hollande, à Paris.

Note : les prix sont indiqués frais compris.

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